On peut la voir de tous les points de l'horizon. Le minaret de la Koutoubia, qui se dresse au cœur de la Médina à côté de la mosquée du même nom, est le symbole même de Marrakech avec l'immense place jamaa el Fna, tout de suite derrière le coin. Comme la mosquée, le minaret est l'un de joyaux de l'art almohade, construit sur ordre de Abde el-Moumen et terminé par Yaquoub al-Mansour entre 1184 et 1189.
L'accès à la terrasse la plus haute est interdit, mais de là-haut, par temps clair, on peut voir jusqu'aux cimes de l'Azafi, à 30 kilomètres de distance. Les proportions du minaret sont imposantes mais équilibrées et et étudiées au centimètre. Ainsi le rapport de base entre largeur et hauteur est-il de 1 à 5. Il mesure12,80 mètres de côté et s'élève à une hauteur de 77 mètres si l'on considère la pointe la plus élevée et à 69 mètres si l'on s'arrête au lanterneau ; aucune comparaison n'est à envisager avec d'autres minarets. Même de l'extérieur, ce minaret en grès rose est à lui seul un spectacle admirable quelque soit l'heure du jour à laquelle on veut le contempler. Ce grès, provenant des carrières ouvertes autrefois dans les collines voisines de Gueliz, a propriété de changer de couleur selon l'exposition au soleil, donnant au minaret, tout au long du jour, l'aspect d'une gigantesque torche toujours flamboyante. Toute la construction est dominée par trois globes de dimensions différentes, le plus petit ayant un diamètre de quelques centimètres et le plus grand de presque deux mètres ; ces globes en cuivre doré, brillent eux-aussi sous la caresse des rayons du soleil. Une légende veut qu'ils soient le résultat de la fusion des bijoux d'or de l'épouse de Yaquoub al-Mansour. Une autre légende prétend qu'ils sont gardés par des génies auxquels auraient affaire ceux qui voudraient s'en approcher avec l'intention de les voler. Tous les côtés de la construction sont différents les uns des autres ; la décoration est à base d'ornements floraux encadrés de faïences et de peintures sur plâtre. L'intérieur de l'édifice se compose de six salles, disposées les unes sur les autres, en communication entre elles par une espèce de rampe. Dans la partie supérieure, une terrasse tournant tout autour du minaret, est couronnée par une série de merlons d'une hauteur de 2 mètres.
La mosquée est située au nord par rapport au minaret. On ne sait pas pourquoi la première mosquée fut détruite mais on pense qu'elle aurait été orientée dans une mauvaise position par rapport à La Mecque. Celle que l'on peut admirer aujourd'hui, construite elle aussi sur ordre Abd el-Moumen, est un véritable joyau de l'art des Almohades. Elle suit le fameux modèle en « T », comme à Kairouan, et représente un résumé des conceptions architectoniques des Almhades : revêtements en céramique, plan en « T », nef parallèle au mur du fond sur laquelle se dressent les coupoles les plus nombreuses et élaborées. Un style que les Almohades devaient aussi choisir pour la grande mosquée de Hassan à Rabat, commencée en 1195 et jamais terminée.
La mosquée de la Koutoubia, dont l'entrée n'est consentie qu'aux musulmans, est connue comme la « mosqués des Libraires » à cause des magasins de livres qui se trouvent à ses pieds au nombre de plus de 200 ; elle est construite elle aussi en pierres extraites de Guéliz. L'intérieur est divisé en 17 nefs perpendiculaires au mur qui en délimite la partie finales et sur lequel se développe l'unique nef transversale, donnant à l'édifice sa caractéristique forme en « T ». On peut y voir deux chaires, en bois sculpté, de style almohade, qui passent pour le plus beau mobilier de l'Islam. L'année de sa construction reste cependant incertaine ; on pense qu'elle fut probablement ouverte au culte en 1158.