Les jardins Agdal

Le terme AGDAL est d'origine berbère et signifie "penalite".
Dans le cas du jardin ALMOHADE, l'AGDAL est devenu une sorte de réserve royale, fermée et privée. Toutes les villes impériales du Maroc ont leur AGDAL, jouxtant les palais royaux.

Les jardins AGDAL de Marrakech ont toujours gardé la taille qu'ils avaient, du temps des Almohades. Ils servent de modèle à ceux de Fès, de Rabat et d'autres villes de moindre importance(Taroudante, Safi).

Ces jardins avaient été entretenus par les sâadiens et surtout par les deux sultans alaouites: Mohammed Ben Abdallah au XVIIIè siècle et son petit fils Mohammed Ben Abderrahman (1861-1873), qui ont fait de Marrakech la capitale du Royaume.

Les jardins agdal témoignent toujours d'un bon goût, d'une civilisation équilibrée et paisible qui fait cohabiter esthétique et utilité; ces vastes espaces verts vont marquer l'urbanisme de Marrakech, les nantis (grand seigneurs, négociants), essayant de créer leur propre AGDAL (Arset Moulay Ali, Arset Moulay Abdessalam, Arset Moulay Elmamoun, Agdal Bahmad, Jnane Ben Chagra, Arset AlMallak, Jnane El Harti, Arset Ihiri...): Agdal, Jnane Arset désignent tous les espaces verts, selon leur taille, le rang et le statut de leur propriétaires(princes, vizirs, caids...)

Ainsi les princes Almoravides ont réussi à drainer l'eau vers Marrakech grâce aux réseaux des Khattaras, les sultans des dynasties postérieures, surtout les Almohades, en ont fait le meilleur usage.

Les caractéristiques de l'architecture et de l'urbanisme almohades sont une synthèse harmonieuse entre les techniques en usage dans le haut Atlas, pays des Kasbah et des châteaux forts, imposants et défensifs, et l'importation, d'Andalousie ou d'ailleurs, des riches styles décoratifs.

Si l'ossature et les matériaux sont d'inspiration locale et ethnique, le style et la décoration sont quand à eux de diverses origines, ce qui s'explique, en grande partie, par le fait que les grands sultans almohades qui ont marqué cette ville sont presque tous nés de mères andalouses.